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David Mayebi a été au cœur des pensées des membres de la Division Afrique de la FIFPro, qui tenait congrès à Kinshasa, sans son leader naturel, décédé quelques jours auparavant. Un hommage unanime, chargé d’émotion et de larmes, pour l’un des pères fondateurs de la Division, représentant le continent africain au sein du board de la FIFPro...

Beaucoup n’ont pas pu retenir leurs larmes. Gagnés par l’émotion, habités par les souvenirs, si nombreux, ces moments partagés avec David Mayebi, qui défient le temps...
Ils ont applaudi le Lion, qu’ils pensaient réellement indomptable, comme on salue un artiste qui quitte la scène. Comme s’il était encore là, au milieu d’eux. Devant eux, plutôt, guidant les plus anciens, conseillant les derniers arrivés sans jamais tirer la couverture à lui, lui qui avait tant fait pourtant pour les footballeurs de son pays, le Cameroun, pour ceux d’Afrique aussi, dont il portait la voix et les espoirs au sein du board de la FIFPro.

L’hommage des représentants des treize pays membres de la Division Afrique de la FIFPro, présents au 10e Congrès à Kinshasa, a été – mais comment pouvait-il en être autrement ? – à la hauteur de ce que fut David Mayebi, de ce qu’il représentait, de l’empreinte qui a été et restera la sienne sur une division dont il fut, en 2007, l’un des pères fondateurs.

A la fin du discours lu par Mohsen Sbouai, le représentant tunisien, en lieu et place de Magdy Abdelghani, le président du syndicat égyptien, interdit d’entrer sur le territoire de la RD Congo, sans autre forme de procès, ce proverbe arabe...

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« Souviens-toi qu'au moment de ta naissance tout le monde était dans la joie et toi dans les pleurs. Vis de manière qu'au moment de ta mort, tout le monde soit dans les pleurs et toi dans la joie. »

Et cette conclusion...

« Le plus bel hommage que nous pouvons te rendre, c’est de poursuivre ton combat, de relever les défis que ta mémoire nous impose.

« Repose en paix, mon ami, mon frère. Dors tranquille, David, nous ne lâcherons rien ! »

 

Et le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il y a urgence à ne rien lâcher, que ce soit au Gabon, au Zimbabwe ou en Namibie, par exemple, où les droits des joueurs sont spoliés, que ce soit dans beaucoup d’autres pays africains, qui se refusent toujours à reconnaître un véritable statut aux footballeurs, tout en les considérant comme professionnels. Que dire encore des arrières de salaire, qui se généralisent et face auxquels les unions africaines n’hésitent plus à saisir les tribunaux, d’autant plus aisément qu’ils condamnent systématiquement ou presque les mauvais payeurs !

Présent le jour de l’ouverture du Congrès, Constant Omari, président de la Fédération congolaise, membre du Comex de la Fifa et de la Caf, a bien entendu l’appel de la Division Afrique et de ses membres, qui réclament – encore et toujours ! - un contrat standard écrit pour tous, et l’installation de chambres de résolution des litiges (comme imposée par la Fifa depuis 2006, pourtant, mais sans que cela soit contraignant...) dans les pays où elles font encore cruellement défaut, comme en RDC, d’ailleurs...

« Vous réclamez, et c’est votre droit, des chambres paritaires, mais vous savez que, dans nombre de nos pays, les footballeurs sont professionnels sans pour autant signer d’accords contractuels avec leurs clubs... Il faut donc commencer par le début. Je sais que vous attendez la mise en place généralisée d’un contrat standard, mais vous devez comprendre que la majorité de nos clubs ne sont pas encore organisés pour répondre à cette demande car ils reposent généralement sur un président bienfaiteur, armé de sa seule passion... Si je devais compter ceux qui peuvent, dès aujourd’hui en Afrique, aller dans le sens que vous souhaitez, j’aurais largement assez de mes dix doigts... Et ceux-là, d’ailleurs, font déjà le nécessaire !»

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Et Stéphane Burchkalter, le secrétaire général de la Division Afrique, de rappeler : « Nous avons, à maintes reprises déjà et sur différents sujets, pointé le manque de professionnalisme des clubs et des différentes instances en Afrique. On demande aux joueurs d’être pros, de s’entraîner, de gagner des matches, d’être sérieux, respectueux, mais cette exigence s’arrête aux contours de l’aire de jeu. On ne peut pas tout faire porter aux joueurs et, dans le même temps, ne pas les respecter, oublier les engagements, le paiement de leurs salaires, le minimum de suivi médical, de protection sociale, d’éducation, voire un projet de reconversion car les carrières sont courtes et incertaines. Que les dirigeants prennent exemple sur les footballeurs et les unions qui les représentent. Nous sommes organisés, nous travaillons au quotidien, et ce dixième Congrès en a, une fois de plus, apporté la preuve ! »

La licence-club, que la Caf souhaite généraliser – et qui a été présentée au Congrès par Anthony Baffoe, le secrétaire général du syndicat ghanéen, en sa qualité d’intervenant auprès de la confédération africaine -, sera-t-elle la panacée, si rien n’est fait pour obliger les clubs à respecter l’ensemble des règles ? La question reste posée, mais si devait permettre aux clubs du continent de réellement se professionnaliser, ce serait déjà une bonne chose pour laquelle la Division Afrique souhaiterait d’ailleurs être plus largement impliquée.

« Le président Omari, conclut Stéphane Burchkalter, nous a confirmé s’être lui-même entretenu avec le président de la Caf, Issa Hayatou, pour que nos relations, symbolisées par l’accord de reconnaissance mutuelle signé en 2011, soient plus régulières, concrètes et fructueuses. Nous sommes toujours décidés à travailler en bonne intelligence avec la confédération africaine. Nous attendons très prochainement des signes forts venus de la Caf pour normaliser nos relations et continuer sur la route tracée voilà déjà cinq ans à Khartoum, qui n’était pas une fin en soi, mais le début d’une collaboration que nous voulons saine au bénéfice des footballeurs et, plus généralement, du football africain... »

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Légendes photos

1 - Herita Illunga (UFC) et Constant Omari, toujours complices... Le premier fut le capitaine des Léopards du Congo alors que le second était déjà président de la Fecofa.

2 - Membre du Comex de la Fifa et de la Caf, président de la Fécofa, Constant Omari s’est adressé longuement aux représentants des treize unions membres de la Division Afrique.

3 - Domo Landu, le secrétaire générale de l’UFC, qui a magnifiquement organisé ce dixième Congrès.

4 - A l’occasion de ce Congrès, Innocent Mutyso, président de Kefwa, a fait ses premiers pas au sein de la Division Afrique.

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