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Ce jour-là, dans leur bureau du stade national d'Harare, les membres de l'Union des Footballeurs du Zimbabwe (FUZ) s'activent.

Il faut enregistrer la demande d'un joueur dont le contrat n'est pas respecté, il faut répondre aux questions de Stéphane Burchkalter, le secrétaire général de la Division Afrique de la FIFPro, en visite à Harare dans le cadre de sa tournée annuelle des syndicats du sud de l'Afrique, il faut aussi écrire d'urgence à la Fédération, alors que l'équipe nationale vient d'être privée des éliminatoires de la prochaine Coupe du monde pour ne pas avoir respecté une décision de la Fifa.

Une journée, finalement bien ordinaire...

Déjà, dans la voiture qui nous menait au stade et alors que la vie, petit à petit, s'emparait des rues d'Harare en ce matin de mars, le téléphone de Paul Gundani, le secrétaire général, avait sonné à plusieurs reprises. A chaque fois, la même rengaine : des joueurs, des contrats, qui ne sont pas respectés. Des appels à l'aide.
Le quotidien, mais pas le banal !

« Nous sommes un peu victimes de nos succès et du bouche à oreille, lâche Paul, mais il n'est pas question de nous plaindre. Les joueurs savent qu'ils peuvent compter sur nous. Et nous mettons tout en œuvre pour répondre à leurs attentes, à leurs besoins. C'est notre raison d'être... »

Il faut dire que les errements coupables de la Fédération et des clubs, au Zimbabwe, offrent à FUZ, jour après jour ou presque – au-delà de l'Asiagate, dont les procédures devant la justice suivent leurs cours -, les occasions de montrer le sérieux, le professionnalisme et l'abnégation d'une équipe restreinte, certes, mais active et réactive, totalement dévouée à la défense des droits et des intérêts des joueurs.

« Notre seule force, confie Desmond Maringwa, le président, ce sont les joueurs. Il fallait les approcher, les intéresser, les faire adhérer, mais cela ne se fait pas en restant assis à un bureau en attendant qu'ils viennent frapper à votre porte. Nous avons été à leur rencontre, mais il faut bien reconnaître aussi que nous avons été portés par le comportement cavalier des clubs et de Zifa et par leur incapacité chronique à respecter ou à faire respecter les contrats signés.

Le combat continue...

« La liste exhaustive des cas que nous avons portés devant la Cour de justice et que nous avons gagnés, au nom des joueurs, ne peut être communiquée ici au risque de lasser le lecteur. Il est bien plus important de savoir que les jugements, tous ou presque rendus en faveur des salariés, ont fini par faire prendre conscience aux clubs et à la Fédération qu'il devenait urgent de changer les règles du jeu et les comportements.

« Même si le combat est partie intégrante du métier de syndicaliste, nous n'allons pas devant la justice par plaisir, mais par obligation. Ce n'est pas pour cela que nous avons créé ce syndicat, mais il faut défendre nos idées et les joueurs, faire respecter la loi et les règlements, tout autant que les contrats signés.

« C'est pourquoi la mise en place prochaine, enfin acceptée comme une évidence par la Fédération et les clubs devant toutes les décisions de justice en faveur des joueurs, d'un contrat standard et d'une chambre nationale de résolution des litiges constitue une avancée extraordinaire, que nous sommes, cas après cas, allés décrochés, allés arrachés plutôt... »

Quand d'autres choisissaient le chemin – long et tortueux – du dialogue avec les dirigeants et se sont parfois un peu perdus en chemin, FUZ a emprunté, contrainte et forcée certes parfois, une route plus directe, mais les résultats sont là. Probants.

« Il serait certainement facile, reprend le président Maringwa, de crier victoire, et de s'endormir sur ces lauriers fraîchement coupés. Mais à quoi bon, et, surtout, à quoi tout cela aurait-il servi ? Il faut, au contraire, considérer cette extraordinaire avancée non pas comme une fin en soi, mais comme le point de départ de nouvelles actions, maintenant que le statut du footballeur au Zimbabwe est reconnu et va répondre à ce que nous avons toujours voulu qu'il soit.

« Cela n'empêche pas que nous soyons fiers de ce que nous avons déjà réalisé, et que nous espérons avoir marqué plus de points encore auprès de la majorité des footballeurs évoluant dans notre pays, afin que, tous ensemble, nous puissions parler d'une seule et même voix à l'avenir. »

 

Combattre le chômage

L'avenir, justement... FUZ s'en occupe, évidemment, et à différents niveaux, sans parler de son engagement social à travers, par exemple, les campagnes d'information sur le Sida, menées dans les collèges et lycées, par les footballeurs.

« C'est une partie, certes importante, de notre engagement, mais ce n'est en aucun cas notre priorité. Nous n'avons pas les moyens humains de nous disperser, de nous éloigner de nos objectifs premiers et de nos cibles privilégiées qui doivent rester les joueurs. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en place, cette année, un premier stage à l'adresse des joueurs qui n'avaient plus de contrat de travail. Nous avons voulu les aider, les protéger dans une période difficile, mais aussi agir pour faciliter leur retour à l'emploi. Il est évident que la première expérience, organisée à Harare, dans notre capitale, en appelle d'autres, que nous conduirons dans une autre grande ville du pays, afin de donner à tous nos adhérents les mêmes chances... »

Ils furent 42 joueurs à être réunis, cinq jours durant, lors de cette première expérience, et neuf d'entre eux ont retrouvé un contrat.

« Bien sûr, il est important de mettre ici en avant le rôle social que FUZ a joué, mais c'est également une question de pragmatisme : plus nombreux seront les joueurs à avoir retrouvé un club, plus ils seront à continuer à adhérer à FUZ, et plus ils seront nombreux, dans le même temps, à porter notre message, à être nos premiers ambassadeurs dans le vestiaire... »

D'une implacable logique...

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