Dans un développement historique pour le football africain, FIFPRO Afrique et les ligues africaines ont signé un protocole d'accord historique, établissant un cadre formel pour un dialogue social continu entre les joueurs et les employeurs à travers le continent.

Cet accord constitue une étape importante vers des relations professionnelles plus solides, une meilleure gouvernance et la protection des joueurs, renforçant ainsi un avenir plus structuré et durable pour le football professionnel en Afrique.

Kgosana Masaseng, secrétaire général de la FIFPRO Afrique, et Khaled Refaat, membre du comité exécutif de la ligue professionnelle égyptienne, reviennent sur l'importance de cette étape et sur ce qu'elle signifie pour le football dans toute la région.

La FIFPRO Afrique et les ligues africaines ont signé un protocole d'accord historique. Pourquoi cet accord est-il si important pour la région ?

Kgosana Masaseng: Parce que cela change la forme du jeu. Pour la première fois, les joueurs et les ligues africains sont engagés dans un dialogue structuré et permanent à l'échelle du continent. C'est un changement fondamental. Jusqu'à présent, l'engagement était largement indirect. Cette initiative crée un canal direct entre ceux qui jouent et ceux qui organisent le football.

Khaled Refaat: Il s'agit d'une étape importante vers un écosystème du football plus développé et plus durable en Afrique. Le fait de réunir les ligues africaines et la FIFPRO Afrique autour d'une même table, dans le cadre d'une vision commune pour l'avancement du football sur le continent, envoie un message fort et positif. Il montre que le football africain peut construire des modèles de coopération réussis qui profitent à l'ensemble du système.

Kgosana
Kgosana Masaseng

Plus généralement, comment cela reflète-t-il l'importance croissante du dialogue social dans le football ?

Kgosana Masaseng: Il reflète l'orientation que doit prendre le football. Le football est aujourd'hui une industrie mondiale et les décisions qui sont prises ont des conséquences réelles pour les joueurs et les compétitions. Dans ce contexte, le dialogue structuré n'est pas une préférence, mais une nécessité. Nous voyons déjà ce modèle prendre forme dans certaines parties du jeu et il s'avère plus stable et plus crédible.

Khaled Refaat: L'établissement d'un dialogue social structuré entre les ligues et les joueurs crée un environnement plus stable et prévisible pour les compétitions, tout en garantissant que les intérêts de toutes les parties prenantes sont pris en compte. Soutenue par l'Association mondiale des ligues, la FIFPRO et l'Organisation internationale du travail, cette approche apporte crédibilité et orientation au développement du jeu.

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Ali Gabr, des Pyramides, célèbre le trophée de la Ligue des champions de la CAF (Crédit : Imago)

En quoi ce partenariat modifie-t-il la structure de l'engagement dans le football africain ?

Kgosana Masaseng: équilibrer le système. Jusqu'à présent, la plupart des interactions au niveau continental étaient concentrées dans un seul espace. Cet accord introduit une deuxième couche, tout aussi importante, en reliant directement les joueurs aux ligues. Cela change la qualité de la conversation et garantit que les décisions ne sont pas seulement stratégiques, mais aussi basées sur la réalité quotidienne du football professionnel dans toute la région.

Khaled Refaat: La création d'une relation directe et structurée entre les ligues et les joueurs améliore la qualité de l'engagement et favorise une meilleure prise de décision. Elle ouvre également la voie à la coopération dans des domaines clés tels que les questions contractuelles et la résolution des litiges, qui sont essentiels au bon fonctionnement de l'environnement professionnel.

Les ligues africaines étant une nouvelle organisation, quelle est l'importance d'établir cette relation dès le départ ?

Kgosana Masaseng: C'est fondamental. Lorsque le dialogue est intégré dès le départ dans une structure, il devient partie intégrante du fonctionnement du système, et non quelque chose que l'on essaie de réparer par la suite. Cet accord jette les bases de ce dialogue. Il indique clairement que la collaboration et le respect mutuel ne sont pas facultatifs, mais essentiels à la construction d'un jeu professionnel crédible et durable.

Khaled Refaat: Le fait de commencer par un cadre de coopération permet aux deux parties de se mettre d'accord sur les priorités. Cela crée les conditions d'une stabilité à long terme et garantit que le développement des concours et de l'écosystème en général est soutenu par un dialogue fort et cohérent.

Khaled Refaat
Khaled Refaat

La FIFPRO plaide constamment en faveur du dialogue social et d'une véritable reconnaissance. Comment cet accord se traduit-il dans la pratique ?

Kgosana Masaseng: Il ne s'agit pas d'un accord symbolique. En fait, il nous permet de passer des principes à l'action. Il crée un cadre de travail dans des domaines clés tels que les règles contractuelles, la résolution des conflits et la négociation collective. C'est à cela que ressemble un véritable dialogue. Il est organisé, il est cohérent et il produit des résultats.

Quels changements tangibles les acteurs africains peuvent-ils attendre de ce partenariat ?

Kgosana Masaseng: Les joueurs doivent s'attendre à un environnement professionnel plus structuré et plus fiable. Cela signifie des conditions contractuelles plus claires, de meilleurs mécanismes de résolution des conflits et une voix plus forte dans les décisions qui affectent leur carrière.

En fin de compte, lorsque les joueurs sont correctement représentés et protégés, c'est tout le système qui s'en trouve renforcé. C'est là la véritable valeur de cet accord, qui renforce également la communication dans l'ensemble de l'écosystème du football et de ses parties prenantes.

Les ligues africaines et la FIFPRO Afrique signent un protocole d'accord historique, établissant un dialogue formel pour renforcer le football africain