La Vénézuélienne Deyna Castellanos, star des Portland Thorns et de l'équipe nationale féminine de son pays, a été l'une des personnalités du football à s'être mobilisée pour venir en aide aux victimes des tremblements de terre survenus au Venezuela le 24 juin.

Deyna, membre du Conseil mondial des joueurs de la FIFPRO, s'est entretenue avec FIFPRO.org pour expliquer en détail comment l'aide a été organisée, la réaction solidaire de la communauté du football et la manière dont les joueurs et les joueuses peuvent avoir une influence au sein de leurs communautés.

Où étais-tu quand le tremblement de terre s'est produit et quand l'as-tu appris ?

J'étais aux États-Unis quand cela s'est produit. Il m'a fallu quelques heures avant de pouvoir parler à ma mère, et ces premières heures ont donc été très angoissantes. Les jours suivants, ma famille a dû évaluer les dégâts structurels subis par notre maison, mais, heureusement, tout était réparable. Une fois que j'ai su qu'ils étaient sains et saufs, je me suis attaché à trouver comment je pouvais les aider depuis si loin.

Quand tu as vu les conséquences du tremblement de terre, qu’est-ce qui t’a donné envie de t’impliquer et qu’est-ce que ces discussions avec les gens sur le terrain t’ont appris sur ce dont ils ont le plus besoin en ce moment ?

Constater l’impact humain que cela avait eu m’a poussée à m’impliquer. Par l’intermédiaire de Queen Deyna Legacy, nous nous sommes associés à Sun.risas, une organisation qui possède une grande expérience dans l’aide aux communautés au Venezuela. Étant loin de là-bas, il était important de travailler avec des personnes de confiance sur le terrain, d’écouter ce dont les familles avaient réellement besoin et de nous assurer que l’aide parvienne aux bons endroits.

En tant que footballeuse, tu as l'habitude de donner le meilleur de toi-même sous pression. En quoi est-ce différent de faire face à une situation où le défi ne se situe pas sur le terrain, mais consiste à aider les gens à reconstruire leur vie ?

C'est complètement différent. Sur le terrain, on sait que nos efforts peuvent influencer le résultat. Ici, on voit des gens qui ont perdu des proches, leur maison et une grande partie de leur vie, et on a l’impression que rien de ce qu’on fait n’est suffisant. J’ai dû me rappeler que nous ne pouvons pas aider tout le monde, mais que faire la différence, ne serait-ce que pour une seule famille, est important.

Le football rassemble les gens. As-tu ressenti ce sentiment d'unité lors des actions humanitaires, et pourquoi penses-tu que les joueurs peuvent inciter les autres à passer à l'action ?

En tant que footballeurs, nous avons la chance de disposer de vastes tribunes et d’un véritable lien avec le public. Nous pouvons en tirer parti pour attirer l’attention sur ce qui se passe et contribuer à ce que les messages importants touchent davantage de personnes. Il ne s'agit pas de nous mettre au centre de l'actualité, mais d'utiliser nos voix pour donner de la visibilité aux personnes et aux organisations qui ont besoin d'être entendues.

De nombreux joueurs souhaitent soutenir des causes qui leur tiennent à cœur, mais ne savent pas toujours par où commencer. D’après ton expérience, quel conseil donnerais-tu à tes collègues footballeurs qui souhaitent avoir un impact significatif au sein de leur propre communauté ?

N’attendez pas qu’une situation d’urgence survienne pour vous lancer. L'impact social peut faire partie intégrante de nos actions au quotidien. Recherchez des personnes et des organisations expérimentées en qui vous avez confiance, apprenez d'elles et tissez des liens avec elles. Il n'est pas toujours nécessaire de créer quelque chose de nouveau ; parfois, soutenir ceux qui font déjà un excellent travail est la meilleure façon de faire la différence.

Bien après que les gros titres auront disparu, la reprise se poursuit. Que souhaiteriez-vous que la communauté du football et les supporters du monde entier retiennent au cours des prochains mois ?

Le Venezuela aura besoin d’aide pendant des mois, voire des années. L’intervention d’urgence n’est qu’un début. J’espère que les gens continueront à soutenir les organisations qui s’emploient à reconstruire les communautés et, surtout, à créer des opportunités pour les jeunes. Les gros titres finiront par passer à autre chose, mais le travail ne doit pas s’arrêter.

Les tremblements de terre au Venezuela et en Colombie suscitent la solidarité des footballeurs et footballeuses : « Il était impossible de ne pas m'impliquer »