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Le Sommet mondial des sportifs renforce la solidarité entre les athlètes et favorise le partage des connaissances

- Des délégués de la FIFPRO issus de 15 pays ont rencontré des représentants d’athlètes du monde entier lors du Sommet mondial des sportifs organisé à Washington, D.C.
- Le bien-être des footballeurs et des footballeuses, le football féminin, la réforme de la gouvernance et la négociation collective ont figuré parmi les principaux thèmes abordés au cours de quatre jours de sessions et d’ateliers
- Le sommet a renforcé l’engagement commun visant à garantir que les joueurs et les joueuses disposent d’une voix plus forte dans les décisions qui affectent leur carrière, leur santé et leurs conditions de travail
Des dirigeants d’associations de joueurs, des experts et des représentants d’athlètes du monde entier se sont réunis cette semaine à Washington, D.C., à l’occasion du Sommet mondial des sportifs, un événement majeur qui a mis en lumière l’importance croissante de la représentation des athlètes et de l’action collective à l’approche de la Coupe du Monde de la FIFA 2026.
Organisé par World Players en collaboration avec l’Association des joueurs de la NFL (NFLPA), l’Association des joueurs de la Major League Soccer (MLSPA) et l’AFL-CIO, ce sommet de quatre jours a réuni des associations d’athlètes issues d’un large éventail de disciplines sportives afin d’échanger leurs connaissances en matière de négociation collective, de gouvernance, de santé et de sécurité, de développement des athlètes et de défense de leurs intérêts.
Cet événement a également été l’occasion de présenter officiellement la nouvelle structure indépendante de World Players, renforçant ainsi l’engagement commun en faveur d’une représentation forte et indépendante des athlètes dans les décisions relatives à leur carrière, leur santé et leur avenir.
La FIFPRO était représentée par des délégués du Botswana, du Canada, du Chili, de la Colombie, du Ghana, du Guatemala, de l’Italie, de la Corée, de la Nouvelle-Zélande, du Panama, de la Roumanie, de la Slovénie, de l’Afrique du Sud, des États-Unis et de l’Ouzbékistan, ainsi que par des représentants de la FIFPRO Afrique et de la FIFPRO Asie/Océanie.

L'avis des footballeurs et footballeuses
Tout au long du sommet, un thème récurrent a été l’importance de l’autonomisation des footballeurs et des footballeuses par le biais de l’éducation, de l’organisation et du dialogue social.
Lors de la table ronde intitulée « Où va le pouvoir : les leçons du sport féminin », la Dre Alex Culvin, directrice du football féminin à la FIFPRO, est revenue sur les progrès réalisés en matière de conditions des joueuses lors de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA 2023. La Dre Culvin a souligné la manière dont les joueuses sont parvenues à obtenir des améliorations dans des domaines tels que les déplacements, l’hébergement et la taille des délégations, tout en rappelant que les avancées du football féminin nécessitent une vigilance constante afin d’en garantir la pérennité.
La Dre Culvin a également évoqué les préoccupations des athlètes concernant le prochain Tournoi olympique de football féminin de 2028 lors de la table ronde intitulée « Changer le modèle olympique : athlètes, pouvoir et gouvernance ».

« Même si les Jeux olympiques représentent évidemment une compétition passionnante, la participation ne peut être considérée comme acquise », a déclaré la Dre Culvin. « Certains aspects suscitent des préoccupations tant pour la FIFPRO que pour la WPA en matière de santé et de sécurité au travail ainsi que de réglementation ; qu’il s’agisse de la taille réduite des effectifs aux Jeux par rapport à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, des temps de repos plus courts entre les matchs ou encore des conditions de voyage insuffisantes. »
« En définitive, le grand défi consiste à faire évoluer la perception des joueuses, en passant de la gratitude à l’autonomie : des footballeuses bien informées prennent des décisions éclairées, c’est pourquoi il est essentiel de leur fournir les outils nécessaires. »
La directrice juridique de la FIFPRO, Alexandra Gómez Bruinewoud, est également intervenue lors de la table ronde intitulée « La répression syndicale dans le contexte du sport », au cours de laquelle différentes stratégies visant à renforcer le pouvoir de négociation des athlètes ont été mises en avant.
Tables rondes consacrées aux footballeurs et aux footballeuses
Lors d’une autre session du sommet, le secrétaire général de la FIFPRO Afrique, Kgosana Masaseng, a partagé ses réflexions sur la croissance continue de la représentation des joueurs à travers le continent lors de la table ronde intitulée « Quand l’instance dirigeante est le problème ». Évoquant l’expansion de la FIFPRO Afrique, passée de trois membres en 2007 à une présence dans 26 pays aujourd’hui, Masaseng a souligné la nécessité d’aller au-delà des modèles de gouvernance qui considèrent les footballeurs et les footballeuses comme de simples participants plutôt que comme des travailleurs.

Masaseng a mis en avant les progrès réalisés grâce aux conventions collectives au Botswana et en Afrique du Sud, ainsi qu’aux initiatives de dialogue social menées au Ghana, qui ont permis aux joueurs et aux joueuses d’être représentés dans les principales instances de décision. Il a également insisté sur l’importance des partenariats avec les ligues et les autres parties prenantes, soulignant qu’un changement significatif nécessite une collaboration large plutôt que des débats isolés au sein de la communauté du football.
La secrétaire générale de la FIFPRO Asie/Océanie, Shoko Tsuji, a fait part de ses préoccupations concernant l’absence d’accords de partage des revenus entre l’AFC et les footballeurs, les primes financières figurant toujours parmi les plus faibles au monde et étant versées aux fédérations sans qu’une part directe soit garantie aux joueurs et joueuses. Mme Tsuji a également évoqué la menace croissante du harcèlement en ligne, qu’elle a qualifiée de véritable enjeu de sécurité au travail, les contenus générés par l’intelligence artificielle et l’essor de la culture des paris aggravant les risques auxquels les footballeurs sont confrontés à l’échelle mondiale.

Santé et bien-être
La santé et le bien-être sont restés au cœur des discussions tout au long du sommet. Le directeur médical de la FIFPRO, le Dr Vincent Gouttebarge, a plaidé en faveur d’une meilleure formation des joueurs en matière de gestion de la charge de travail, estimant que les stratégies de bien-être des sportifs devraient privilégier la pérennité des carrières sur le long terme plutôt que la seule disponibilité immédiate.
Les débats ont également porté sur les mesures de protection de la santé mentale, les normes minimales ainsi que les défis croissants posés par le harcèlement en ligne et les nouvelles technologies.
Le sommet s’est conclu sur un message clair et unanime : le pouvoir des sportifs est d’autant plus efficace lorsqu’il est organisé, fondé sur l’information et porté collectivement.

